Saint François de Sales, un coach pour notre vie numérique

Si Saint François de Sales vivait en 2026, aurait-il un compte X (Twitter) ? Serait-il sur TikTok ou Bereal ? C’est une question amusante, mais la réponse est probablement : oui.

Il serait surement l’Influenceur Catholique de référence… et un élément majeur de la légion digitale de Rome pour regagner le terrain perdu depuis des décennies.. j’ai un peu bossé le sujet ces derniers mois c’est passionnant.. on pourra en reparler .

Pourquoi ? Parce que celui que l’Église a nommé Patron des journalistes et des écrivains a passé sa vie à chercher tous les moyens possibles pour rejoindre l’autre là où il était.

Au XVIIe siècle, lorsque les portes du Chablais lui étaient fermées, il a inventé le « tract » moderne en glissant des feuilles volantes sous les portes pour diffuser sa pensée. Il a, en quelque sorte, inventé le « feed » d’actualité avant l’heure.

Aujourd’hui, nous ne glissons plus de papiers sous les portes, même si parfois cela reste un mode de communication robuste localement,  nous « postons ». Nous vivons dans une ère de communication saturée, bruyante, et souvent violente. Paradoxalement, c’est précisément pour cette raison que la sagesse du doux évêque de Genève est plus actuelle que jamais.

Voici 4 leçons de Saint François de Sales pour survivre (et rayonner) à l’ère du digital.

L’art de la douceur face aux « trolls »

Ouvrez n’importe quelle section de commentaires sur Facebook ou YouTube, et vous verrez souvent un déferlement de colère. L’anonymat des écrans désinhibe et rend agressif.

Face à cela, la maxime la plus célèbre de François de Sales, pour tout avouer je ne suis pas certain qu’elle soit de lui ou qu’il aimait l’utiliser en référence à sa passion pour la botanique et les insectes, résonne comme un avertissement nécessaire :

« On attrape plus de mouches avec une cuillerée de miel qu’avec un tonneau de vinaigre. »

Dans le monde numérique, le « vinaigre », c’est le clash, le sarcasme, la réponse cinglante pour humilier l’adversaire. Le « miel », c’est la courtoisie et la bienveillance. Saint François nous enseigne que la vérité n’a pas besoin de la violence pour s’imposer.

L’application pratique :

Avant de répondre à un commentaire agressif, respirez. Refusez l’escalade. Une réponse douce et rationnelle désarme souvent plus efficacement qu’une attaque. Si le dialogue est impossible, le silence est parfois la plus digne des réponses.

Parler de personne à personne

Le risque des réseaux sociaux est de nous transformer en statistiques. On parle à une « masse », à une « audience », à des « followers ». On cherche la viralité.

François de Sales, lui, était le maître de la relation personnelle. Son chef-d’œuvre, l’Introduction à la Vie Dévote, n’était pas destiné au grand public au départ : c’était une compilation de conseils écrits spécifiquement pour une femme, sa cousine par alliance. C’est parce qu’il s’adressait au cœur d’une personne réelle que son message a touché des millions de cœurs par la suite.

L’application pratique : Sur votre blog ou vos réseaux, n’écrivez pas pour « tout le monde ».

Écrivez comme si vous vous adressiez à une personne unique, un ami. Cherchez la connexion, pas la perfection. Soyez authentique. Le digital doit être un pont entre les âmes, pas un mur d’écrans.

La vérité contre la rumeur

À son époque, François de Sales devait combattre les préjugés contre la foi catholique. Il le faisait par ses Controverses. Mais attention : il ne le faisait jamais avec des « fake news » ou des approximations. Il était un homme d’étude, précis, qui vérifiait ses sources et respectait l’intelligence de son lecteur.

À l’ère de la désinformation et du partage compulsif, son intégrité intellectuelle est un modèle.

L’exemple concret : L’affaire des citations tronquées

Le contexte (Le préjugé à combattre) : Lors de sa mission de reconquête du Chablais, François de Sales faisait face à des pasteurs calvinistes très érudits. L’un de leurs arguments principaux (le « préjugé ») était de dire : « L’Église catholique actuelle a dévié. Les premiers chrétiens (les Pères de l’Église des premiers siècles comme Saint Augustin ou Saint Jean Chrysostome) pensaient comme nous, les protestants, notamment sur l’Eucharistie. C’est Rome qui a inventé des dogmes plus tard. »

C’était un argument puissant, car il donnait une légitimité historique à la Réforme.

La méthode « Fake News » (des adversaires) : Pour prouver leurs dires, certains prédicateurs utilisaient la technique du « cherry-picking » (grappillage). Ils prenaient une phrase isolée de Saint Augustin, la sortaient de son contexte, et disaient à la foule : « Voyez ! Augustin ne croyait pas à la présence réelle ! » C’était de l’approximation, voire de la désinformation intellectuelle.

La réponse de Saint François (Rigueur et Sources) : François de Sales aurait pu répondre par des slogans simplistes ou des attaques ad hominem. Il a fait l’inverse.

Il a passé des nuits entières à étudier les textes originaux en grec et en latin dans les bibliothèques. Il ne se contentait pas de « l’à-peu-près ».

Dans ses fameuses feuilles volantes (les Controverses), il a contre-attaqué non pas avec de la rhétorique, mais avec de la data. Il reprenait les citations utilisées par les pasteurs, mais il remettait le paragraphe entier, le chapitre entier. Il montrait, texte à l’appui, que lorsqu’on lisait la phrase dans son contexte réel, l’auteur disait exactement le contraire de ce que le pasteur prétendait.

Ce que cela démontre : Il ne disait pas à ses lecteurs protestants « Vos pasteurs sont des méchants », il leur disait en substance : « On ne vous dit pas toute la vérité. Voici le texte complet, voici la source exacte, lisez par vous-mêmes. Je respecte trop votre intelligence pour vous donner une citation tronquée. »

Il a gagné le respect de beaucoup non pas en criant plus fort, mais en étant intellectuellement plus honnête et plus précis sur ses sources. C’est le « fact-checking » avant l’heure.

L’application pratique :

Le « jeûne » numérique le plus utile aujourd’hui est peut-être celui de la précipitation. Vérifions avant de partager. Refusons de participer à la médisance en ligne. Comme le disait le Saint :

« Celui qui possède la vérité doit la prêcher avec amour, sinon il blesse la vérité elle-même. »

La patience du temps long (L’anti-immédiateté)

Le digital nous impose la dictature de l’instant. Il faut réagir à l’actualité dans la minute. Nous devenons impatients si une page met trois secondes à charger.

La spiritualité salésienne est une école de patience. François a mis des années à ramener la douceur dans sa région. Il répétait souvent :

« Tout par amour, rien par force ».

Il savait que les cœurs ne changent pas sur un coup de tête (ou un coup de clic).

L’application pratique :

Acceptons que tout ne se joue pas dans l’instant. Acceptons de ne pas avoir le dernier mot tout de suite. Laissons nos écrits reposer avant de les publier. Dans un monde frénétique, la personne qui prend le temps de réfléchir devient un pôle de stabilité rassurant.

Soyez des influenceurs de paix

Saint François de Sales n’était pas un technophobe avant l’heure. Il aurait sans doute utilisé Internet comme un outil formidable pour aimer et servir. Mais il ne s’y serait pas laissé asservir.

Son enseignement nous invite à habiter le continent numérique non pas comme des consommateurs passifs ou des guerriers du clavier, mais comme des missionnaires de la douceur.

Pour finir, gardons en tête cette phrase qui pourrait être la meilleure « bio » à mettre sur nos profils sociaux :

« Soyez ce que vous êtes et soyez-le bien. »

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